Benoît Werner’s blog

In the Garage…

Mon année Erasmus

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J’ai toujours été attiré par les échanges Erasmus. Je n’ai pas eu l’occasion d’en faire pendant mes études. J’ai bien passé une année inoubliable en Californie, mais ça n’était pas avec Erasmus qui se limite à l’Europe. Et ça n’était pas proprement dans l’énergie Erasmus.

Cette année, j’ai eu la chance de vivre cette expérience. Et pour cela, je n’ai pas eu à partir bien loin, je l’ai vécu dans ma ville, une grande ville «Erasmus»: Bordeaux.

Tout a commencé en septembre dernier lorsque j’étais à la fac. Nos professeurs d’allemand ouvraient un «Club d’allemand» au sein de la fac qui avait pour objectif de mettre en relation des étudiants afin qu’ils pratiquent la langue de Goethe dans une ambiance décontracté, autour d’un café par exemple. Nos professeurs nous ont fortement encouragé à venir à l’inauguration de ce club. Je trouvais l’idée brillante et à ma grande surprise j’étais le seul étudiant de ma promotion à ce rendez-vous. J’ai pu parler avec quelques étudiantes et une de mes profs m’a tendue une feuille et un stylo. C’était un questionnaire sur nos centres d’intérêts et accessoirement une demande de tandem. En remplissant cette fiche, j’allais me voir attribuer un tandem allemand. Je me suis exécuté et quelques jours plus tard j’ai reçu les coordonnées de ma tandem. J’ai rapidement pris contact avec elle, et c’est là que tout a commencé.

On s’est rencontré pour la première fois à l’Utopia, un café/cinéma à Bordeaux. On était tous les deux un peu timide, on ne savait pas trop à quelle personne on aurait affaire. Mais l’énergie était bonne et on s’est raconté nos vies pendant deux heures. On a donc décidé de continuer à être tandem, sans planifier un rendez-vous spécifique chaque semaine où on pratiquerait chacun la langue de l’autre. Mais plutôt en faisant des sorties ensemble.

On a commencé par faire des footings, très régulièrement, avec une autre fille Erasmus. La première moitié du parcours on conversait en français et la seconde en allemand. Puis on a pris des cafés, elles m’ont invité aux fameuses «soirées Erasmus», de véritables institutions. Ainsi j’ai pu rencontrer beaucoup d’autres personnes originaires d’Allemagne, d’Italie, de Suisse, d’Autriche, de Grèce, d’Equateur, etc…, et il s’est formé un noyau dur d’amis que je voyais régulièrement, autour duquel gravitaient des connaissances que je re-voyais de temps en temps en ville ou à des fêtes.

Sans que je le ressente, j’étais toujours l’intru du groupe pour plusieurs raisons: j’étais français, je n’étais pas «Erasmus» et pour aller plus loin encore: j’étais un homme et je n’étais pas étudiant en médecine.

Malgré cela, je me sentais vraiment accepté et j’avais presque l’impression d’être un «Erasmus» moi-même.

Les liens ont continué à se tisser, on a visité la France ensemble.  On a même couru un marathon. Mes amis de Paris sont également devenus les amis de mes amies Erasmus.
On a fait des piques-nique près de la Garonne, joué de la guitare et chanté des chansons. J’ai essayé de présenter au mieux la culture française, particulièrement la gastronomie et le vin.

Évidemment, tout n’a pas toujours été rose puisque les sentiments sont devenus plus intenses. Mais l’amitié a résisté jusqu’au bout.

On se disait que l’année allait être longue, qu’on aurait le temps de tout voir, de tout faire ensemble, qu’on ne se quitterait jamais.

Mais le temps des premières fêtes de départ est arrivé rapidement. L’un après l’autre, les étudiants quittaient Bordeaux pour retourner dans leurs pays.

Ça faisait à chaque fois un petit vide, mais on était toujours assez nombreux pour ne pas être trop triste.

Cette semaine, c’est ma tandem qui est partie, elle est partie en dernier et du coup je me retrouve seul. Du coup mon année Erasmus s’est terminée aussi. Je m’étais énormément attaché à elle. Mais je sais que je la reverrai et qu’on gardera le contact.

Ce matin j’ai couru seul sur les quais, il faisait très beau, on ne se rend pas encore compte que d’ici un mois les températures vont dégringoler et  le temps se dégrader. J’ai repensé à toutes les choses que j’avais vécu durant cette année. J’ai remarqué de nouvelles têtes émerveillées par la beauté et l’atmosphère des quais. Je devinais des étudiants étrangers avec leurs parents qui découvraient la ville avant d’être lâché dans cette aventure qui va marquer leur vie. J’imaginais que cet endroit allait devenir leur aire de jeu et qu’à leur tour ils allaient remplir tous ces lieux de souvenirs.

La vie pour chacun c’est le changement, mais d’un point de vue différent c’est un recommencement. «Erasmus» est selon moi un exemple de réussite au niveau Européen, c’est le moyen idéal d’apprendre une langue étrangère. Ça permet également de faire se rencontrer des cultures différentes, d’apprendre de l’autre, de mieux se comprendre et s’apprécier. Ça sert aussi à faire tomber des stéréotypes. Ce type d’échange doit absolument être encouragé.

Merci Erasme pour cette belle année, je ne vous oublierai jamais mes ami(e)s Erasmus!

Written by admin

septembre 13th, 2009 at 11:31

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